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Dimanche 5 octobre 2008

John Maynard Keynes (1883 - 1946), économiste britannique. John Maynard Keynes retrouverait-il grâce auprès des économistes et responsables politiques ? En vue de l’actuelle crise financière qui secoue notre planète et en premier lieu les Etats-Unis, j’ai comme l’impression que oui.

Il suffit pour cela, de voir ce qu’il se passe actuellement dans le secteur bancaire : en effet, après avoir frôlé de peu la faillite, voici que les banques Dexia et Fortis sont nationalisées par le gouvernement belge et lors de la réunion des quatre principales puissances européennes qui s'est tenue hier à Paris, l’accent est mis sur une volonté de refonte complète du système capitaliste, en pointant notamment du doigt les affreux capitalistes devenus spéculateurs et non entrepreneurs.

Ainsi, John Maynard Keynes retrouve grâce auprès de gens qui ne juraient que par les mots « dérégulation » et concurrence tout azimut. En clair, prononcer les mots « nationalisation » et « bien-être général » étaient synonymes de gros mots, non il fallait laisser la totale liberté d’entreprendre, quitte à laisser faire, laisser passer. Dès lors, c’est à se demander si nos chers dirigeants mondiaux ne souffrent pas d’une certaine schizophrénie.

De fait, après avoir jeté Keynes aux orties dans les années 1980 au nom du tout libéralisme applicable à tous les aspects de la société, voici que ce dernier s’avère bien utile pour sauver un système qui perd la tête. En clair, l’Etat n’est plus accusé de tous les maux, il est là pour essuyer les plâtres du capitalisme. Il n’est plus considéré comme un carcan empêchant le charmant capitaliste de se faire de l’argent et de spéculer en bourse, non le voici décrit comme sauveur du système !

Lors de la réunion hier après-midi du "G4" à l'Elysée en compagnie de Jean-Pierre Juncker, Premier ministre luxembourgeois et président de l'Eurogroupe, de Jean-Claude Trichet, président de la Banque Centrale Européenne et de José Manuel Barroso, président de la Commission européenne (www.liberation.fr) Mais qu’en sera-t-il concrètement lorsque le système retrouvera des couleurs justement ? Les dirigeants européens et américains ont prévenu : l’Etat se retirera et laissera le marché faire à sa guise. Afin d’éviter toute protestation, Nicolas Sarkozy ou bien encore la chancelière allemande, Angela Merkel, lancent des vœux pieux comme celui de rendre le système capitaliste plus vertueux. Certes, c’est bien beau tout cela et c’est d’autant plus beau quand on refuse de reconnaître l’échec de la politique économique menée car si Nicolas Sarkozy n’est pas responsable de la crise, il est quand même coupable d’une chose : d’avoir plus ou moins navigué à vue en faisant des choix hasardeux et regrettables (comme le fameux « paquet fiscal » au début de son quinquennat)

Alors, le système capitaliste connaît de graves signes de faiblesse et si on tente d’arranger les rustines, on sait pertinemment qu’on ne pourra tenir éternellement comme cela et si l’Europe semble supporter la crise, elle sait qu’elle doit aller plus loin que la simple déclaration d’intentions. Autrement dit, profiter de la crise actuelle pour relancer ce projet de gouvernement économique européen, indispensable voire logique quand on sait que nos économies sont interdépendantes et que nous utilisons la même monnaie.

Mais aura-t-on le courage politique de le faire ?

Par Gilles - Publié dans : Actualité politique
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