Ma vie estudiantine bruxelloise et ma vie bruxelloise sont telles que je suis souvent confronté au problème
de la feuille blanche, vous savez cette feuille qui est devant votre écran d’ordinateur et qui n’attend d’être remplie de mots, qui sont le reflet de votre pensée. Après quelques jours de disette
intellectuelle – c’est sans doute la crise financière qui veut cela ! – je me décide enfin à écrire un peu et une fois encore, c’est une femme qui m’a donné l’inspiration :
Selon un sondage LH2 réalisé les 3 et 4 octobre 2008 pour le site Internet du Nouvel Observateur, seulement 27% des personnes interrogés approuvent le meeting-concert de Ségolène Royal au Zénith, le 27 septembre dernier. Chez les sympathisants socialistes, ils ne sont que 34%.
A première vue, on peut penser que l’initiative de Ségolène Royal a fait chou blanc dans la mesure où elle a été fortement critiquée aussi bien sur la fond que sur la forme de son meeting. En effet, sa posture, sa façon de s’habiller et de communiquer étaient quelque peu inhabituelles et déconcertantes et il est vrai que la djellaba, ça fait bizarre quand on est habitué au strict et sobre tailleur !
Toutefois, je continue à penser que le meeting-concert de Ségolène Royal, s’il a connu des imperfections, ne manque pas d’intérêt dans la mesure où il a réussi à créer un certain enthousiasme notamment du côté des partisans de l’actuelle présidente de la région Poitou-Charentes. Comme je l’avais dit dans un précédant article, le Rassemblement pour la fraternité entre pleinement dans la stratégie de Royal pour la conquête du PS : un parti que l’on veut à nouveau populaire, ouvert sur lui-même, n’ayant pas peur de se montrer décomplexé, loin des réunions classiques de section où les débats d’idées se transforment assez souvent – mais pas tout le temps – en discussions sur les écuries présidentielles ou en diatribes contre la politique du gouvernement.
Bref, si le Rassemblement pour la Fraternité a pu paraître kitsch à un certain moment, il n’en demeure pas que derrière la réunion d’il y a deux semaines, se cache un enjeu essentiel pour le PS : celui d’améliorer son image auprès des Français. Car qu’on le veuille ou non, tout est question d’image et de communication, surtout en politique. En clair, vous aurez beau avoir le meilleur programme et les meilleures idées, si on est incapable de communiquer en permanence, c’est peine perdue ! Mais que les choses soient claires : je ne suis pas si cela est bien ou mal mais force est de constater que rares sont les personnes, à l’exception de Ségolène Royal, dans mon parti qui prennent en compte la communication politique qui est devenue la norme.
Dès lors, je ne sais pas trop ce qu'on reproche à Ségolène Royal et par extension au PS. Si un de ses membres lance une initiative, c’est pour mieux le brocarder et l’inviter à ne rien faire surtout ! Si au contraire, le PS fait preuve de son immobilisme, on dira que c’est un parti qui est en état de mort cérébrale. Aussi, si le meeting du Zénith de Ségolène Royal a été mal perçu par une majorité de la population, c’est parce qu’une fois encore, on a préféré insister sur les aspects négatifs que sur les côtés résolument positifs, et ce en portant la caricature jusqu’au vice. Toujours est-il qu’un tel Rassemblement a eu le mérite d’exister et que d’attaquer Ségolène Royal aussi violemment, c’est finalement la légitimer davantage auprès des militants qui auront à faire un choix difficile : choisir le successeur de François Hollande à la direction du PS, dans quelques semaines.
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