NPA, PG, NEP et maintenant FGA : la gauche de la gauche ne se force pas pour inventer de nouveaux sigles et de nouvelles formations politiques, l’objectif étant de proposer une nouvelle alternative au PS.
L’idée est belle (j’ironise), seulement voilà ! Cette gauche de la gauche (ou gauche radicale)
s’éparpille et se couvre de ridicule. En effet, elle est morcelée comme jamais entre cinq formations politiques (Nouveau Parti anticapitaliste [futur ex-LCR], Parti de gauche, Nouvel espace
progressiste, Lutte ouvrière et la dernière-née, la Fédération de la Gauche alternative de Clémentine Autain, ex-adjointe au maire de Paris), toutes se réclamant de la vraie gauche et toutes
candidates à la succession du Parti socialiste.
Cette gauche radicale veut être une alternative et fédérer toute la gauche afin d’accéder au pouvoir. Seulement, il faudrait tout d’abord qu’elle soit capable de se fédérer elle-même ! Tous de concert pour dire que la gauche socialiste a échoué et qu’elle a pactisé avec le diable capitaliste (Le fameux discours du « social-traître »), tous d’accord pour attaquer la politique nauséabonde de Nicolas Sarkozy et de son parti unique mais incapables de se fédérer pour former une seule et même formation politique. C’est curieux, non ?
A ce propos, Jean-Luc Mélenchon, ancien socialiste et fondateur du Parti de Gauche justifie cette situation par le fait qu’il faut conserver les idées des uns et des autres. Certes, mais quelles différences énormes y-a-t-il entre un Olivier Besancenot qui joue les adolescents énervés et attardés, une Arlette Laguiller qui nous sort son mythique « Travailleurs, travailleuses ! » à tout bout de champ et un Mélenchon qui tire à boulets rouges contre le Traité de Lisbonne et qui n’hésitait pas à aller faire des meetings communs avec les deux premiers lorsqu’il avait sa carte au PS ?
Alors oui, je m’interroge face à cette gauche radicale que je n’hésite pas à qualifier de ridicule. Ridicule lorsqu’elle fait référence à son homologue allemand ou espagnol, mais c’est facilement oublier que dans ces pays on a affaire à une gauche radicale unie et forte (à ce titre, je pense à Die Linke d’Oskar Lafontaine). Ridicule dans ses objectifs à long terme : tous d’accords pour pilonner le PS mais incapables de s’inscrire sur une volonté d’exercice du pouvoir et donc de passer de la contestation à l’exercice démocratique du pouvoir.
De fait, tout est une question de pouvoir et de rivalités. Qui pour incarner la gauche radicale ? Besancenot ? Pourquoi serait-il plus légitime qu’un autre se dirait Mélenchon ? Alors va pour Mélenchon ? Mais bon c’est un ancien socialiste, on ne sait jamais ! se diront les militants du NPA ? Et Nathalie Arthaud, la nouvelle porte-parole de LO ? C’est qui elle ? se demanderont alors les gens du PG ! Et je ne parle même pas de Clémentine Autain, et du Parti des travailleurs que j’ai oublié de citer.
Dès lors, la gauche radicale ambitionne de devenir le nouveau porte-étendard de la gauche française en lieu et place au PS (mais aussi du PCF). Seulement, elle n’a pas les moyens de ses ambitions et même si la crise financière peut lui donner une certaine sympathie, cela ne suffira pas. En réalité, les questions de personnes et de leadership sont telles qu’une union de la gauche radicale ne me semble pas à l’ordre du jour, ce qui paradoxalement renforce le poids du PS qui malgré ses affres et ses errements apparaît encore crédible face à une gauche radicale sympathique, sans plus !
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