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Jeudi 31 août 2006

C'est ce soir à minuit, jeudi 31 août que l'ultimatum lancé par la communauté internationale (AIEA*, ONU, Union européenne, Etats-Unis...) à l'Iran, concernant ses activités nucléaires, arrive à expiration. Au bout du compte, on est assez peu surpris du résultat : le régime de Mahmoud Ahmadinejad refuse de surprendre son programme d'enrichissement d'uranium et entend bien le poursuivre bien qu'il jure que ce dernier n'a que des fins civiles. 

              Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad                                              

Dès lors que faire? C'est la véritable question. Téhéran semble vouloir aller jusqu'au bout tout en jouant les troubles-fête et sur la corde sensible des pays occidentaux, à savoir l'approvisionnement en pétrole. Ahmadinejad, face à aux hésitations occidentales, joue la montre et gagne du temps face à un tel imbroglio. La crise iranienne ne cesse que de s'aggraver sans compter que Téhéran semble être d'une certaine façon, la grande gagnante de la situation actuelle au Proche-Orient.

Oui, que faire? Poursuivre la voix diplomatique? Mais avec quelles garanties? L'ultimatum lancé il y a plusieurs mois n'est pas le premier, rien de là. Les négociations ont bien montré que le régime iranien se moquait des considérations et des avertissements de la communauté internationale sans compter que celle-ci paraît divisée entre lassitude (Etats-Unis, Royaume-Uni...) et poursuite du dialogue (France, Allemagne). Le manque de cohérance entre les membres permanents du Conseil de Sécurité - ménagement de Moscou et de Beijing** à l'égard de Téhéran contre fermeté de Washington -  a largement joué en la faveur de l'Iran. Les intérêts de chacun semblent avoir raison d'une politique claire et ferme dans la gestion du dossier iranien. Néanmoins, l'option de la fermeté est tout aussi aléatoire. En effet, elle aurait pour effet - à l'intiative de Téhéran qui en trouverait son intérêt - de favoriser une escalade des tensions pouvant mener à l'offensive armée. Une telle option n'apporte aucune garantie car rien ne dit qu'une éventuelle intervention (américaine, sans doute) en Iran puisse faire preuve d'éfficacité. Cette situation ne ferait que de l'Iran une victime et nourrirait davantage les rancoeurs vis-à-vis de l'Occident.

La voie diplomatique est incontestablement à la peine et il n'est dans l'intérêt de personne que celle-ci échoue, ce qui suppose au passage, une politique lisible et cohérante entre partenaires occidentaux. Mais une ligne politique claire ne se dispense en aucun cas de fermeté. Face à un régime mystérieux sur ses intentions, les organisations et pays en charge du dossier iranien ne doivent plus tarder de prendre des sanctions et de les mettre à exécution, à savoir le transfert du dossier de l'AIEA au Conseil de Sécurité. Une telle décision ne peut qu'être prise que si il existe une véritable concertation entre les pays négociateurs car il en va de fait de leur crédibilité. En effet, comment à l'avenir gérer les vélléités de Pongyang [capitale de la Corée du nord] - qui se vante d'avoir développé un programme nucléaire à vocation militaire - avec une illisibilité à l'instar de la situation actuelle avec Téhéran? 

Dans cet épineux dossier, il ne faut jamais oublier le spectre de Munich. En 1938, face à Hilter, on pensait avoir sauvé la paix, on s'est finalement dirigé vers une guerre sanglante. Bien évidemment, aucun parallèle n'est à faire entre 1938 et 2006, mais la vigilance et la fermeté sont de rigeur. De la fermeté envers Téhéran, bien sûr mais aussi envers des pays comme l'Inde, le Pakistan et Israël. Il n'est aujourd'hui un secret pour personne que ces trois pays - notamment Israël - détiennent l'arme nucléaire. Aussi, la fermeté passerait, par exemple, par une pression sur ces trois Etats afin que ces derniers signent le Traité de Non-prolifération (pour une mise en service effective). C'est en se dotant de moyens de pression exercables à tous que la communauté internationale pourra à l'avenir se montrer ferme face à des Etats qui ne cessent de la défier et qui jouent avec le feu.

*Agence Internationale de l'Energie atomique, basée à Vienne (Autriche)

** Pékin

par Gilles publié dans : International
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