Lors d'une réunion à la Fondation Bertelsmann à Berlin, en compagnie de Dominique de Villepin, la chancelière allemande, Angela Merkel s'est publiquement opposée, dans son discours sur l'avenir de l'Europe, à une solution de "mini traité" constitutionnel pour l'Union Européenne contrairement au président de l'UMP, Nicolas Sarkozy, qui envisageait un tel cas pour relancer la construction européenne.
Angela Merkel, la chancelière allemande
Elle a, à ce titre, affirmé, la nécessité pour l'UE de se doter d'une Constitution en dépit des "Non" français et néérlandais de mai et de juin 2005 même si cela suppose au préabable une phase de renégociation.
De fait, Angela Merkel a une carte à jouer notamment pour affirmer le rôle-moteur de l'Allemagne dans la construction européenne. C'est en janvier 2007 en effet, que Berlin prend la présidence tournante de l'UE et l'objectif affiché par Merkel est le suivant : il s'agit de relancer au plus vite l'aventure européenne et de fait, elle ne tolèrera en aucun cas, un échec. La future présidence Merkel au sein de l'UE doit laisser place aux ambitions pour l'UE afin de sortir celle-ci du bourbier dans lequel elle se trouve. Cela suppose une vision d'ensemble et à long terme de l'Europe. Aussi, désapprouver la solution de "mini-traité" proposée par le ministre français de l'Intérieur, me semble tout à fait logique. L'Europe ne peut être remise sur les rails avec un service minimum, autrement dit, on fait un mini-traité, on le fait approuver par voie référendaire et on n'en parle plus. La campagne référendaire de 2005 en France à démontré tout l'intérêt que les citoyens avaient de l'UE. Seulement, leurs peurs et leurs inquiétudes face à l'avenir ont eu raison du Traité tel qu'il leur a été présenté. Aussi, l'initiative de Merkel me semble louable, pour autant, il ne faut oublier les citoyens, ce qui passe par tout un aspect pédadogique des choses.
Il est essentiel de réaffirmer notre volonté pour l'Europe. Angela Merkel a saisi la balle au bond en voulant se montrer à l'avant garde de l'aventure européenne. De fait, c'est de sa réussite ou non à la relance de l'UE que dépend son avenir politique quelque peu contrarié par les mauvais résultats de son parti - la CDU, conservateur - aux élections régionales en Mecklenbourg-Poméranie et à Berlin.
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