Après le temps de la déclaration vient celui des soutiens pour Royal, DSK et Fabius : le soutien des fédérations.
Selon le Nouvel obs, 49 premiers secrétaires fédéraux - près de la moitié - soutiennent la présidente de la région Poitou-Charentes contre 18 pour Laurent Fabius et 17 pour Dominique Strauss-Khan. Seule une dizaine de fédérations ne sont pas encore prononcées.
source : AFP, www.lemonde.fr
A première vue, le choix des premiers secrétaires de fédération n'influe que peu sur le choix du candidat puisque quoi qu'il arrive, ce sont bien les militants qui auront le dernier mot. Néanmoins, les fédérations exerce de facto une influence au sein du parti tant que le poids de certaines - Paris, Nord, Bouches-du-Rhône - est à prendre en compte. En effet, plus une fédé est grosse mieux c'est et avoir ce poids du nombre, c'est décider pour beaucoup de l'issue du scrutin. Pour preuve de ce que j'avance, il faut rappeller que le premier secrétaire François Hollande, s'était rendu dans les Bouches-du-Rhône, une des fédérations les plus importantes du PS, au moment du référendum. S'assurer le soutien de telles fédérations c'est prendre une option décivise pour la suite.
Mais une bonne fédération ne saurait se résumer à des chiffres. Le poids "interne" est également crucial. Bon nombre de cadres du PS ont leur supporters et leurs véritables bastions : Laurent Fabius peut, par exemple compter sur la loyauté de la fédé de Seine-Maritime mais aussi du premier secrétaire fédéral de Seine Saint Denis, Pascal Popelin. DSK, de son côté, n'aura mal à avoir le soutien de sa fédération du Val d'Oise mais aussi de l'Isère menée par André Vallini, Didier Migaud et Michel Destot (député-maire de Grenoble). Autrement dit, le poids des cadres - à tous niveaux - du parti semble important puisque cela permet d'évaluer les rapports de forces en son sein sans compter que la notoriété et le poids personnel d'un cadre peut devenir déterminent. Aussi lorsqu'Arnaud Montebourg ou Pierre Mauroy optent pour Ségolène Royal, ils "encouragent" les militants de leurs fédérations successives à porter leur vote sur l'actuelle présidente de Poitou-Charentes.
Aussi, vous me direz que le vote semble quelque peu artificiel. A cela, je vous pose un contre-exemple : lors de la consultation interne au sujet du Traité constitutionnel européen en décembre 2005, le journal Liberation - dans son édition du 30 novembre, soit la veille du vote - avait établi la cartographie des fédés susceptibles de voter "Oui" ou "Non". Pour la Seine-Saint-Denis, il était jugée qu'Elisabeth Guigou (favorable au "Oui") ne pourrait rien faire face au fabusien Pascal Popelin qui laboure la fédération depuis nombre d'années. Néanmoins, au soir du 1er décembre, le "Oui" l'avait emporté à 52%.
Tout cela pour vous dire que le positionnement des fédés a un poids limité. Il est d'autant plus limité aujourd'hui en raison de l'afflux de nouveaux militants présents au PS que depuis quelques mois. C'est sans doute là que ce joue la désignation du candidat (ou de la candidate) socialiste. A ce titre, il me semble bien évident que les trois candidats à l'investiture - par cadres interposés - ne manqueront pas de s'adresser à ces nouveaux militants aux possiblités immenses.
Affaire à suivre!
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