Dimanche dernier, toujours en famille à Bondy. Avec le p'tit frangin (14 ans et 10 mois tout de même), on regarde Canal + et la nouvelle émission politique de Laurence Ferrari : Dimanche +. Au passage, je reste un inconsolable du Vrai Journal et de son présentateur, le médiatiquement regretté Karl Zéro. On dira ce qu'on voudra, mais cette émission avait vraiment de la gueule. Enfin, passons. L'emission suit son cours quand soudain arrive cet homme :

Je vous présente - pour ceux qui se demandent encore qui est ce personnage - Azouz Begag, ministre délégué à la promotion de l'égalité des chances. Vaste programme ! J'ai écouté attentivement son entretien que vous pouvez encore visionner sur le site de Canal + jusqu'à dimanche prochain. J'ai trouvé quelqu'un de pugnace. Pour autant, je me dis : qu'il est difficile pour lui d'exister politiquement et réellement au sein de ce gouvernement !
En effet, Azouz Begag est, à mon sens, un homme épris de justice et de hônneteté. Il l'a, à maintes occassions, prouvé lors de ses interventions notamment sur la crise des banlieues où il s'est publiquement opposé à la méthode criminelle et irresponsable de Nicolas Sarkozy. D'ailleurs, il ne cache pas son aversion - quoi que le terme est un peu fort - envers le ministre de l'Intérieur et sa fidélité au Premier ministre, Dominique de Villepin. A ce titre, il avait déclaré haut et fort à Laurence Ferrari qu'entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy, il votera "pour Dominique de Villepin même s'il n'est pas candidat". Belle preuve de loyauté ! Mais au fait : à quoi sert Azouz Begag ?
Ma question est volontairement provocante, je le sais. Pour autant, je me suis posé cette question et je me la pose toujours. En effet, la droite s'est targuée d'avoir fait d'un Français issu de l'immigration un ministre de la République, là où nous, socialistes, s'est montré quelque peu à la traîne, il faut bien le reconnaître. Mais alors : pourquoi lui avoir confié le domaine de l'égalité des chances si de plus, il n'y a pas les moyens matériels et humains de faire avec ?
Cela me trouble, en effet ! On parle et on reparle d'intégration pour des personnes qui sont Français. Mais c'est fou à la fin ! Le gouvernement a voulu faire preuve de bonne volonté, ok ! Cependant, pour faire un geste fort, il aurait fallu placer Azouz Begag non pas à l'Egalité des chances mais à des postes classiques tel que la Justice, l'Economie et que sais-je. Il est inacceptable de faire de cette homme la caution "black-blanc-beur" d'un gouvernement qui se veut ouvert aux "minorités visibles". Je l'ai dit à maintes reprises : il faut passer par un changement des mentalités pour que les Français issus de l'immigration aient une véritable place dans la République et cela passe par des gestes forts mais aussi par un courage politique au sein des partis.
Il est, en effet, bon à rappeller qu'il n'existe aucun(e) député(e) - hormis ceux des DOM-TOM - issu(e) des minorités visibles au sein de notre parlement. Bien évidemment, je reste attaché à l'idée de compétence, ce qui rejette toute tentation de discrimination positive. Il est temps que la République donne sa chance à TOUS les Français afin qu'ils soient - à une réelle égalité de traitements - tous reconnus. Vous pourrez me traiter d'idéaliste, d'utopiste et je ne sais encore mais j'ai un rêve : que notre devise "Liberté, Egalité, Fraternité" soit une réalité constante dans notre pays et non uniquement lorsque Zinedine Zidane marque un but contre l'Italie ou lorsque Muriel Hurtis remporte une médaille en athlétisme.
Notre vie politique doit être précurseur de ce que doit être réellement notre société française et il est temps de se battre pour. Azouz Begag se bat pour exister mais son rôle est quelque peu minime, ce qui me fait penser que le gouvernement de Villepin a raté une formidable occasion : car un ministre issu de l'immigration en poste à l'Intérieur et un autre - "blanc" - en charge de l'Egalité des chances aurait eu un impact tout aussi différent que l'inverse. Le ministre délégué reste, malgré lui, enfermé dans ce costume de VRP pour l'égalité des chances taillé sur mesure par le Premier ministre. C'est en cela que la colère de Begag est perceptible telle que je l'ai ressenti dimanche dernier. Il reste considéré comme l'Arabe de service au sein même de l'UMP - dont il n'est pas membre, c'est bon de le souligner ! Candidat à Lyon - sa ville - pour les municipales, il est considéré par le ministre des Transports Dominique Perben, - également candidat, transfuge de la chiraquie et soutenu par Sarkozy - comme un atout pour sa campagne. Mais à quel titre : pour sa compétence ou parce qu'il a grandi dans le quartier populaire de la Duchère ?
De fait, le cas Begag est révélateur pour mon parti, le PS. Chez nous, il est plus que jamais important de promouvoir l'égalité de TOUS au sein de la République, ce qui ne se fait sans heurts et suppose qu'on aille loin dans les principes que nous défendons. Si nous revenons aux responsabilités au printemps prochain, nous devrons relever ce défi. L'heure n'est plus aux bonnes volontés, place à l'action pour que "vive - pleinement - la France"
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