Jour "J" moins 1 ! Entre nous, j'aurais pu attendre le 16 pour écrire cet article. Mais bon, on est désormais à quelques heures du scrutin, d'un scrutin décisif pour mon parti et comme le chante si bien Jean-Louis Aubert :"Voilà, c'est fini !" Au terme d'un mois et demi de campagne passionnante, c'est désormais l'heure du choix et quoi qu'il arrive, le vainqueur sera le Parti socialiste. En effet, il sort de cette campagne interne renforcé et assure ainsi à notre futur champion une légitimité. Contrairement à ce que peuvent penser des cadres de l'UMP, notre candidat sortira de notre consultation interne renforcé et soutenu par les 218 000 militants que nous sommes. Il y a environ deux semaines, j'ai entendu la porte-parole de l'UMP, Valérie Pécresse, dire que le débat interne de notre parti était un échec. Je n'y crois pas une seconde. (Bon, en même temps, vous me direz que c'est facile que je dise cela que je suis militant socialiste !) Pour avoir suivi les débats en section, à la télévision, dans la presse, j'ai trouvé le PS exemplaire et ses candidats à la candidature en grande forme, déterminés dans leur volonté de convaincre. A moins de 24 heures du choix capital, il est d'ailleurs bon de mesurer les forces et les faiblesses de chacun - car, qui sait, derrière l'internaute qui lit mon blog se cache peût-être le militant socialiste qui ne sait pas encore pour qui il va voter ! (RIRES). Petit tableau, donc.
SEGOLENE ROYAL :
Ségolène Royal en compagnie d'Arnaud Montebourg, lors de la fête de la Rose de Frangy en Bresse en août 2006. On pensait que la présidente de la région Poitou-Charentes allait montrer l'étendue de sa médiocrité, de son inexperience, etc. Tu parles ! Bien au contraire, elle s'est montré en présidentiable crédible. Bien sûr, elle lui reste du chemin à parcourir d'ici mai prochain surtout si elle est investie par les militants. Pour autant, certains n'hésitent pas à donner chère de leur peau en pronostiquant dans les semaines à venir une dégringolade de l'actuelle députée des Deux-Sèvres. En effet, comme je l'ai dit toujours dit, Ségolène Royal peut aussi bien nous faire gagner que nous amener à la défaite. Tout dépendra en fait de la campagne à mener, cette fois contre la Droite. Ségolène Royal doit montrer qu'elle peut prendre des coups et être capable d'en asséner car sur ce point que les choses peuvent jouer en sa faveur ou non. Notre défi de socialistes sera de maintenir l'élan populaire construit autour d'elle au fil des mois, si elle est investie. Aussi, Ségolène Royal a de bonnes raisons d'espérer forte d'une campagne qui l'a certes, un peu abîmée, mais au bout du compte, l'a quelque peu renforcée. Mais ce n'est sans compter sur la motivation d'un DSK qui peut créer la surprise au delà même de ses espérences.
DOMINIQUE STRAUSS-KHAN :
Et si c'était finalement lui qui créerait la surprise non pas en provoquant un second tour mais en étant investi dès le 1er, demain soir ? DSK a montré toute sa motivation et sa détermination. Durant la campagne interne, il a eu un souci de clarté et tout comme Ségolène Royal d'ailleurs, il a montré son attachement à la construction européenne et à la question turque. DSK s'est quelque peu transcendé dans ses discours et prises de positions faisant ainsi figure de candidat coriace. Une investiture de DSK serait le signe d'un bouleversement majeur. A ce titre, il pourrait, tout comme Ségolène Royal, - qu'on a toujours tendance à sous-estimer - être un candidat sérieux et redoutable face à la droite sarkozyte. Qui plus est, il recueille une bonne image parmi les jeunes du PS. DSK me manque pas d'atouts et il a su les mettre à profit durant la campagne interne, réduisant ainsi son retard par rapport à Ségolène Royal même si cette dernière reste à un niveau élevé. Si DSK est investi, il pourrait en quelque sorte, changer la donne face à la droite. Il espère être investi au 2nd tour, prévu le 23 novembre. Pour autant, rien n'interdit qu'il soit investi dès le premier. Un tel scénario montrerait qu'il a su frapper fort et se montrer légitime à l'intérieur du PS. Dès lors, il aura pour tâche de rassembler autour de lui et poursuivre la voie sur laquelle il s'est lancé. En effet, si sa ligne "sociale-démocrate" lui tient à coeur et qu'il a su l'expliquer, il devra se montrer rassembleur notamment envers les milieux populaires. Néanmoins, il a un atout : il est député du Val d'Oise depuis 1988 et premier adjoint au maire de Sarcelles.
LAURENT FABIUS :
Autant être honnête avec vous dès le départ, il me semble peu probable que Laurent Fabius réussisse à être investi par les militants. Pour autant, l'ancien Premier ministre a eu le souci de placer sa campagne interne clairement à gauche du parti, suivant quelque peu la stratégie de François Mitterrand en 1981. J'ai dit qu'il est peu probable que Fabius soit investi par les militants. Peu probable mais pas impossible pour autant. De fait, tout dépendra si il a réussi à convaincre. Une investiture Fabius aurait l'avantage d'avoir une connexion assurée avec la gauche de la gauche. De plus, Laurent Fabius est souvent sous-estimé. N'oublions pas qu'il a des talents d'orateur et qu'il sait aller jusqu'au bout des choses. Pour autant, il devra se conformer à la ligne qu'il a adopté en cas d'investiture et surtout, se réconcilier avec les socialistes et les Français.
Vous l'avez compris, j'aurai à faire, demain, un choix qui est loin d'être évident mais au bout du compte, le destin de notre candidature socialiste ne se jouera pas tellement sur la personne qui portera nos couleurs même si cela y contribue beaucoup. Il est, à mon sens, essentiel que notre candidat soit élu dès le premier tour afin qu'il puisse bénéficier d'une légitimité sans faille Néanmoins, et quoi qu'il arrive, notre candidat(e) aura l'avantage d'avoir été désigné au terme d'un débat interne qui fait ainsi honneur à ma formation. Plus les jours passent et plus je me dis que je n'ai jamais été autant si fier d'être socialiste depuis le jour de mon adhésion, le 18 octobre 2003. Au lendemain du vote, ma tâche de militant sera simple et claire : soutenir mon champion pour préparer l'alternance et notre durée aux responsabilités. Sans les militants et une campagne durement menée, notre candidat(e), tel qu'il soit, ne pourra aller loin. Aussi, le soutien militant sera essentiel dans une campagne qui s'annonce tout sauf apaisée et dans laquelle, Nicolas Sarkozy ne laissera pas de cadeaux. Le PS a les clés de la victoire, charge à lui désormais de ne pas réitérer les bétises de 2002.
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