Des images de la pendaison de Saddam Hussein ont été diffusées samedi 30 décembre au matin sur la télévision al-Iraqiya (www.lemonde.fr) J'ai appris ce matin, au réveil, l'exécution de l'ancien dictateur irakien Saddam Hussein à 6 heures du matin (4 H, heure de Paris). Comme je vous l'avais dit à l'annonce de sa condamnation le 5 novembre dernier, je n'ai aucune pitié pour cet homme sanguinaire et génocidaire. Pour autant, je m'interroge du caractère - très - expéditif de l'exécution de sa peine et une telle rapidité n'augure rien de bon pour la suite.
L'ancien raïs devait être jugé, cela ne fait aucun doute. Néanmoins force est de constater que ceux qui souhaitaient sa mort - à commencer par la Maison Blanche - sont tombés dans le panneau. De fait, ils ont joué le jeu de l'ancien dictateur qui apparaîtra désormais pour ses partisans (et n'allez pas croire qu'ils ne sont qu'une simple minorité) un martyr de l'occupation américaine. La mort de Saddam Hussein sera un argument supplémentaire à ceux qui profèrent des menaces contre les Etats-Unis, notamment les volontaires au Djihad.
A ce titre, le président américain George Walker Bush avait annoncé que la mort de Saddam Hussein allait marquer une étape essentielle vers la démocratisation de l'Irak. Disons-le tout de suite : la mort de Saddam Hussein ne fera que renforcer les rancoeurs et les affrontements entre sunnites et chiites. Qui plus est, elle plonge un pays sans Etat de droit sous influence totale de l'Iran qui est, à l'heure actuelle, la grande gagnante de la situation actuelle en Irak. Croire que la démocratisation de l'Irak sera facilitée par la mort de Saddam Hussein, c'est faire preuve d'amateurisme géostratégique. De fait, la communauté internationale a laissé une occasion majeure de juger elle-même Saddam Hussein via le Tribunal Pénal International. Le raïs faisait partie de la même catégorie de crapules que feu Slodoban Milosevic, l'ancien président yougoslave (suicidé dans sa cellule à La Haye, il y a quelques mois, au moment de son procès) mais décidement, leur sort était bien différent que l'on soit jugé par La Haye ou Washington - via le tribunal pénal spécial irakien.
Quelles leçons allons-nous transmettre à l'Irak qui n'est plus qu'un champ de ruines ? Que la démocratie rime avec vengeance (à travers un procès fleuve et expéditif ?) Je me trompe peut-être mais j'aurai aimé avoir tort il y a bientôt trois ans lors du début des hostilités. L'Irak a besoin de stabilité et c'est tout le contraire qui se produit !
Pendre Saddam Hussein, c'est prendre le risque d'en faire un martyr - d'ailleurs, c'est qu'il a cherché à être jusqu'à la fin. Aussi, je reste très spectique pour l'avenir de l'Irak qui brûle à petits feux par des dissensions intérieures et les ambitions de ses voisins, l'Iran en premier. En effet, le régime islamique de Téhéran a eu tout intérêt dans la mort du raïs pouvant ainsi mettre l'Irak sous tutelle et exporter sa révolution islamique. Aussi, il est du devoir de la communauté internationale de tirer l'Irak vers le haut : il en va de la stabilité de tout le Moyen Orient.
Commentaires