Hermann Van Rompuy, actuel premier ministre belge et président du Conseil de l'UE à partir du 1er janvier 2010. Hermann Van Rompuy désigné
premier président du Conseil de l’Union, cela fait les affaires d’un certain de son prédécesseur, un certain Yves Leterme !
En effet, celui qui avait été Premier ministre de mars à décembre 2008 et grand vainqueur des élections législatives de juin 2007, a de très fortes chances de retrouver la rue de la Loi et donc le poste de chef de gouvernement fédéral, poste qu’il avait du céder, il y a presque un an pour cause d’implication de l’affaire Fortis. Par la suite, il fut recyclé en tant que sénateur avant de revenir dans le gouvernement en tant que ministre des Affaires étrangères à la suite d’un remaniement ministériel en juillet dernier.
Van Rompuy partant, Leterme revient donc par la grande porte d’autant plus qu’il n’a aucun rival au sein de son parti, le CD&V, le parti chrétien-démocrate flamand, un mouvement de centre-droit. En effet, il reste incontournable et il faut bien avouer que son (très probable) retour à la tête du gouvernement belge tient du miracle ! Si on m’aurait dit que l’actuel ministre des Affaires étrangères reviendrait revenait aux affaires, je crois que j’aurais ri au nez de la personne qui m’aurait dit cela ! Mais j’avais oublié qu’il s’agit de la Belgique, pays surréaliste par excellence !
Hermann Van Rompuy, actuel premier ministre en compagnie de son prédécesseur et successeur, l'actuel ministre des
Affaires étrangères, Yves Leterme. Dès lors, le retour de Leterme au « 16 » – le siège du gouvernement fédéral – suscite de nombreuses interrogations dans la vie politique
mais et dans la presse nationale belge. La coalition au pouvoir (chrétienne-démocrate, libérale et socialiste (francophone)) cherche à éviter toute reprise de crise et souhaite de ce fait, aller
au plus vite afin d’assurer la transition sans le moindre accro, ce qui n’empêche pas dans le même temps de défendre ses propres intérêts. Ainsi, les libéraux francophones lorgnent sur les
Affaires étrangères, désormais vacant, et on parle de Charles Michel – le fils de Louis Michel, commissaire européen jusqu’en juillet 2009, député européen depuis – pour succéder à Leterme. Et du
côté du CD&V, on réclame le poste de ministre de la Coopération, ce qui permettrait à Inge Vervotte, la protégée d’Yves Leterme, de revenir au gouvernement, elle qui, par solidarité pour son
beau Yves, avait démissionné de son poste à la Fonction publique il y a un an également.
Toutefois, ce jeu de chaises musicales aurait fait rire plus d’un Belge si cela ne remettait pas en cause l’avenir du plat pays tant qu’il demeure incertain. En effet, nombreux sont les Belges (surtout francophones) qui ne gardent pas un excellent souvenir du gouvernement Leterme I° et notamment ses diverses provocations et bourdes à l’égard des Wallons et Bruxellois. La personnalité froide et effacée d’Hermann Van Rompuy avait au moins pour avantage de stabiliser un pays qui allait ouvrir à nouveau les discussions à propos du statut de l’arrondissement Bruxelles-Hal-Vilvorde mais aussi de l’énième réforme de l’Etat, ardemment voulue par les responsables politiques néerlandophones mais jugée inopportune par les responsables francophones, ces derniers soupçonnant fortement les premiers de vouloir satisfaire les revendications de la Flandre et mieux préparer son autonomie, voire son indépendance !
C’est dans ce contexte qu’Yves Leterme revient (sauf énorme coup de théâtre) au « 16 » et la question est de savoir si l’ancien et désormais futur Premier ministre a changé. Je n’ai pas trop mais toujours est-il que son retour risque de faire des vagues !
Caricature parue sur le site Internet du journal belge francophone, Le Soir (www.lesoir.be)
Commentaires