Hermann Van Rompuy, premier ministre belge depuis le 30 décembre 2008 et futur président du Conseil de l'UE à partir du 1er janvier
prochain. Hermann Van Rompuy a officiellement été désigné comme Président du Conseil de l’Union pour une durée de deux ans et demie à compter du 1er janvier
2010.
L’actuel Premier ministre de Belgique a donc fait l’unanimité des Vingt-sept réunis en session extraordinaire au Bruxelles alors qu’on s’attendait à des négociations difficiles. A côté de ce dernier, on retrouvera également l’actuelle Commissaire européenne chargée du commerce, Catherine Ashton qui sera le Haut-représentante aux Affaires étrangères de l’UE. Tous deux – avec José Manuel Barroso, le président de la Commission européenne – doivent incarner le nouveau visage de l’UE sur la scène mondiale.
Hermann Van Rompuy tenait la corde depuis un certain temps et je dois dire que sa nomination ne surprend guère tant qu’elle satisfait tout le monde au bout du compte : la Belgique qui est à l’honneur et qui ne voulait absolument pas de Tony Blair, la France qui ne voulait absolument de Jean-Claude Juncker – le premier ministre du Luxembourg – et les autres Etats – notamment les petits – qui souhaitaient maintenir leurs prérogatives et intérêts au sein du Conseil. Autrement dit, il fallait à la fois, une personnalité qui rassure, euro-romantique et qui ne fera de l’ombre à personne !
Dès lors, Herman Van Rompuy avait la tête de l’emploi dans la mesure où il s’agit d’une personne effacée, sans véritable ambition et qui n’a, que pour principal souci de faire proprement son travail. Peu importe la gloire et les lauriers, Van Rompuy, c’est la discrétion absolue et à ce titre, on peut compter sur lui ! D’ailleurs, n’a-t-il pas annoncé, à peine désigné par les Vingt-Sept, qu’il souhaitait mener sa tâche dans la plus grande discrétion ?
Aussi, je m’interroge sur le choix de Van Rompuy à la tête du président du Conseil de l’Union notamment en ce qui
concerne la charge symbolique. Car il faut rappeler que ce poste nouvellement créé par le traité de Lisbonne n’a que peu de pouvoirs (pratiquement aucun d’ailleurs) et que l’objectif affiché
reste de donner une visibilité à l’UE. Hors, certains s’inquiètent que le choix de Van Rompuy ne soit que la conséquence du plus petit dénominateur commun aux Etats-membres afin d’être surs de
pouvoir sauvegarder leurs intérêts et maintenir leur domination – via le Conseil – sur les autres institutions. Ainsi, choisir Van Rompuy, c’est s’assurer d’avoir un président qui n’aura pas des
velléités d’indépendance. D’ailleurs, Marie-Noëlle Lienemann, députée socialiste européenne française jusqu’en juin 2009 ne s’y est pas trompée, cette dernière considérant Van Rompuy comme un
« président incolore, inodore et sans saveur » !
Hermann Van Rompuy (actuel premier ministre de Belgique) en compagnie de Fredrik Reinfeldt (actuel premier ministre de Suède et président en exercice du Conseil de l'UE), de José Manuel Barroso (ancien premier ministre portugais et président de la Commission européenne depuis 2004) et de Catherine Ashton (actuelle commissaire europénne britannique chargée du commerce et future haute-représentante pour la politique étrangère de l'UE)
Bref, Van Rompuy devient le premier président du Conseil de
l’UE, ce qui a une charge symbolique très forte. Malgré tout, ce choix consensuel mou peut s’avérer payant comme désastreux à terme. Tout dépendra de ce que Van Rompuy fera de son nouveau poste
et s’il arrive à instaurer un rapport de force avec les Etats-membres, histoire de crédibiliser l’UE sur la scène internationale. L’homme, qui est souvent salué pour avoir « apaisé »
les bisbilles entre néerlandophones et francophones en Belgique et surtout connu pour sa discrétion. J’espère simplement que sa discrétion ne sera pas un préjudice pour
l’UE !
Caricature parue le 6 novembre 2009 dans le quotidien belge francophone, Le Soir (www.lesoir.be)
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