Lundi 2 juin 2008

Martine Aubry, maire de Lille et animatrice des "Reconstructeurs". Ce dimanche, les proches d’Arnaud Montebourg, de Laurent Fabius et de Dominique Strauss-Kahn se sont réunis autour de Martine Aubry, à Paris, pour parler du fond, loin de « la guerre des chefs » qui se déroule au sein de mon parti.

"Je suis heureuse de venir à une réunion où nous allons laisser nos petites querelles passées à l'entrée et rentrer avec ce que nous avons d'essentiel en commun, c'est à dire nos valeurs", a déclaré Martine Aubry au début de la réunion. "Je suis fière de pouvoir dire : on va retrouver une gauche enthousiaste, joyeuse, fière d'elle, fière de ses valeurs et qui a envie de les porter collectivement", a-t-elle ajouté. (in Le Monde, du 1er juin 2008)

Sans doute que le but de cette réunion entre personnes issus des différents courants du PS est louable. S’il s’agit effectivement de réfléchir sur le fond et de s’interroger sur l’avenir de la gauche et du PS, je dis « pourquoi pas ? » Néanmoins, je m’interroge sur ce groupe plus ou moins hétérogène et hétéroclite.

Si les Reconstructeurs veulent – comme leur nom l’indique – refonder le parti et le travailler de l’intérieur en réfléchissant sur son devenir, alors ok, tant que leur travail peut apporter quelque chose d’utile au débat et à la rénovation. Dès lors, on peut compter sur les talents de Pierre Moscovici (proche de DSK), le réalisme d’Arnaud Montebourg ou bien encore sur les réflexions de Martine Aubry, réélue avec succès maire de Lille.

Néanmoins, si l’alliance des Reconstructeurs visent à regrouper un Cartel des Non ayant pour seul but de s’opposer par principes à Ségolène Royal et à Bertrand Delanoë, sans proposition idéologique claire et avec Martine Aubry comme porte-drapeau de ce nouveau cartel, alors cette alliance n’est pas vouée à faire des miracles dans la perspective du Congrès de Reims.

Le Congrès de Reims de novembre prochain doit marquer une étape essentielle pour le PS. Aussi, je m’interroge sur ce groupement assez curieux que sont les Reconstructeurs. Regroupement sincère ou manœuvre d’avant congrès ? Attendons voir ce que les Montebourg, Aubry, Fabius pourront apporter de nouveau dans la perspective du Congrès.

Mais bon, on verra bien !

par Gilles publié dans : La boîte à idées
ajouter un commentaire commentaires (1)    recommander
Mardi 13 mai 2008

Députés PS au Palais Bourbon. (www.liberation.fr) « En France, on n’a pas de pétrole, mais on a des idées ! » C’était le slogan d’une campagne publicitaire du milieu des années 1970 au moment du premier choc pétrolier.

Ce fameux slogan peut aisément s’appliquer au… Parti socialiste, mon parti !  En effet, le principal parti de gauche n’est pas au pouvoir mais n’est pas dépourvu d’idées. Le problème, c’est qu’il est paresseux pour aller en creuser dans la boîte à idées et il a été tout particulièrement paresseux entre 2002 et 2007. En témoigne un article très intéressant et juste de Libération, daté de ce mardi.

Dans cet article, les penseurs et intellectuels de gauche font un constat sévère. Ainsi, le témoignage de Michel Wievorka, sociologue proche de Martine Aubry : «Ces cinq dernières années, au PS, l’humeur n’était pas à la réflexion de fond. S’il s’agit de suivre les sondages et de regarder ce que dit Paris Match, on n’a pas besoin d’idées. Et pendant que le parti pataugeait dans des problèmes de leadership, le lien s’est distendu (entre les intellectuels et les dirigeants du PS)  …»

Il faut dire que ce fameux lien s’est distendu à partir des années 1990, ce qui n’est pas le cas quand on compare d’autres pays européens comme le Royaume-Uni par exemple : Anthony Giddens, spécialiste de la mondialisation, a joué pour beaucoup dans la ligne idéologique du New Labour en 1995, peu de temps après l’arrivée de Tony Blair à la tête du parti travailliste.

Le lien est distendu est cela est paradoxal puisque le PS ne manque pas d’idées, du moins de boîte à idées : en effet, outre le secrétariat aux études du parti, il y a la Fondation Jean-Jaurès créée en 1992 par l’ancien Premier ministre (et Premier secrétaire du PS) Pierre Mauroy, mais également la République des Idées de Pierre Ronsanvallon sans compter les divers think tanks – que je préfère appeler « Boîte à idées », c’est plus français !

L'économiste Thomas Piketty, proche de Ségolène Royal. Le PS ne manque pas de boîtes à idées mais ne pense pas assez à puiser à l’intérieur de celles-ci ! Cela nous a fait défaut entre 2002 et 2007 et la déconvenue de la dernière présidentielle nous oblige à nous creuser les méninges ! C’est ce que constate Thomas Piketty (économiste, professeur à l’EHESS et proche de Ségolène Royal) en déclarant de façon lapidaire : «Depuis la défaite de Jospin, en 2002, personne n’ose rien dire sur rien de peur de se faire canarder par les petits camarades présidentiables. Résultat: le PS n’a parlé de rien».

Pour autant, là où je ne suis pas tellement d’accord avec Thomas Piketty, c’est lorsqu’il dit ceci à propos de la déclaration de principes du Parti qu’il trouve « acerbe » : «Pathétique. Une fontaine d’eau tiède, des généralités insipides. Et c’est la même chose sur tous les grand sujets : retraites, santé, enseignement, impôt.» La déclaration de principes, comme son nom l’indique, ce sont des principes et cela ne nous interdit pas de réfléchir quant à la rénovation idéologique de notre parti. Dès lors, charge à nous de travailler de façon étroite avec les boîtes à idées sans pour autant oublier les militants que nous sommes !

 

par Gilles publié dans : La boîte à idées
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Mercredi 7 mai 2008

Il y a tellement de choses à dires dans l’actualité politique – là par exemple, j’aimerais bien vous parler de Nicolas Sarkozy qui en a profité pour enfoncer Chirac devant des parlementaires UMP aujourd’hui ! – que j’en oublie un peu l’essentiel : parler de mon propre camp ! Alors, parlons du PS

Bertrand Delanöe, maire PS de Paris. Actuellement, rue de Solferino, les choses avancent lentement mais surement et 2012 est dans les esprits. On prépare l’après-Hollande avec un très probable duel Royal – Delanöe. A ce sujet, le maire de Paris a rédigé un texte qui se veut un texte de fond intitulé, « Clarté, courage, créativité ». A ce jour, il a recueilli près de 90 signatures dont celles de Michel Destot (député-maire de Grenoble), Harlem Désir (député européen), Lionel Jospin (ancien Premier ministre) et d’Elisabeth Guigou (députée de Seine-Saint-Denis)

 

 

Je ne peux m’exprimer sur ce texte dans la mesure où je ne l’ai pas encore consulté. J’espère pour autant que ce texte – comme son nom l’indique – respectera réellement ses engagements : si cette contribution doit apporter quelque chose de nouveau à la réflexion et au débat, alors ce texte est le bienvenu ! Si en revanche, ce texte doit servir de tremplin pour la course au Premier secrétariat, alors c’est bien dommage !

Actuellement, les regards sont jetés sur un probable « affrontement » Royal – Delanöe lors du congrès de novembre prochain. Certains, avides de « baston » comme on dirait chez moi, veulent dramatiser les choses, les envenimer un peu plus ! A ce petit jeu-là, le PS ne doit se disperser et se concentrer sur l’essentiel : la rénovation !

Ségolène Royal, présidente de la région Poitou-Charentes et ancienne candidate à la présidence de la République. La rénovation prend du temps et surtout du temps pour convaincre nos concitoyens que le PS s’engage résolument à leurs côtés. Pour autant, pour que le premier parti de gauche et de l’opposition puisse se faire entendre, il lui faut une figure de proue.

 

A ce stade, je préfère parler franchement : il faut un premier ou une première secrétaire qui devienne notre candidat(e) pour l’horizon 2012. Certains diront que c’est prématuré mais c’est comme cela parce que le temps du quinquennat l’exige désormais ! Quatre ans, c’est à la fois long et court et les Français ont besoin d’une visibilité, de quelqu’un qu’ils puissent identifier ! A ce titre, Ségolène Royal l’a bien compris en multipliant les initiatives envers les militants. Mais Bertrand Delanöe n’est pas en reste et je vous en dirai un peu plus lorsque j’aurai lu son texte d’une dizaine de pages.

Dès lors, je me rappelle des propos de Julien Dray qui avait déclaré ce matin sur France 2 :

Julien Dray, député PS de l'Essonne. 

"La solution de facilité, c'est de dire: allez, on met un chef, un vrai c'est lui qui va diriger le Parti socialiste et qui sera le candidat à l'élection présidentielle. Mon sentiment c'est que c'est droit dans le mur, ça",

 Je pense qu’il a tout simplement tort ! Choisir tout de suite une figure de proue pour 2012, ce n’est pas aller droit dans le mur : c’est le temps qui nous est imparti pour que les Français s’identifient à la fois au PS mais également à celui qui le dirige car diriger un grand parti, qu’on le veuille ou non, c’est prétendre plus tard à vouloir diriger la France ! C’est en cela que Julien Dray a tort parce qu’il n’intègre pas le temps du quinquennat ! Avec le quinquennat, c’est bel et bien l’Elysée qui donne son tempo et qui rythme la vie politique française. C’est regrettable, mais c’est ainsi !

Alors pendant ce temps-là au PS, on prépare le congrès et finalement, les bisbilles Royal – Delanöe, les ambitions de Moscovici, de Dray, de Valls ou de Machin importent peu ! Ce qui compte c’est que le prochain congrès soit véritablement un congrès historique : historique pour l’avenir du PS, historique dans le sens où le PS souhaite sortir d’une caricature bien souvent injuste (mais bien souvent justifiée malheureusement). Un congrès utile et serein mais aussi clair, courageux et créatif quoi !

par Gilles publié dans : La boîte à idées
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Vendredi 25 avril 2008

Il y a quelques jours, le Parti socialiste a présenté un texte qui définit sa nouvelle déclaration de principe en vue de la rénovation qu’il a engagé depuis juin dernier et du prochain congrès prévu en novembre prochain.

C’est la troisième déclaration de principes depuis 1971. La première rédigée, au moment du congrès d’Epinay, fut à teneur marxiste tandis que la seconde, plus réformiste, vit le jour au moment de l’épineux congrès de Rennes. Selon la nouvelle déclaration, l’objectif des socialistes est « d’aller vers l’idéal et de comprendre le réel ». Cette phrase me fait tout d’abord penser à la citation de Jean Jaurès, il y a désormais plus de 100 ans. Rappeler ce principe, cela me semble nécessaire, voir primordial si le PS et la gauche veulent entrer de plein pied dans le XXI° siècle.

Cela n’a l’air de rien à première vue mais il me semble que cette déclaration marque un pas essentiel dans le processus de rénovation. En effet, si le Parti ne renie en aucun cas son Histoire (et quelle Histoire ? Merci Jean-William pour votre cours sur le socialisme cette année ! (RIRES) (1)), il s’engage résolument et explicitement à dire qu’il est un parti réformiste. Exit donc la révolution laissée désormais à l’extrême gauche qui n’a que ce mot à la bouche mais pas les méthodes et les solutions pour transformer radicalement la société. On a souvent reproché aux socialistes d’avoir un comportement schizophrène : dans l’opposition, on mène une stratégie à « gauche toute », au pouvoir, on mène une ligne plus consensuelle. Là, il me semble qu’un pas commence à être franchi dans la famille socialiste, et cela est d’autant plus fort que ce texte a été rédigé par toutes les sensibilités du PS, ce qui lui donne un poids encore plus important.

Rédigée en 21 articles, cette déclaration sera présentée le 14 juin au Conseil national (le Parlement du PS) qui le votera. Au passage, je trouve assez curieux que la presse ait fait assez peu mention de cette déclaration car si on la lit, elle marque un tournant. Du moins, il faudra qu’il y ait une confirmation mais elle marque un moment essentiel pour le PS avec le rappel de principes simples : la défense de la laïcité, un parti explicitement européen, la République et ses valeurs, la volonté de transformer la société de façon plus réformiste et progressiste.

Alors voilà ! Vous me direz « c’est facile que je donne un avis positif sur cette déclaration puisque je suis militant PS ». Bon, il est vrai mais je pense sincèrement que cette déclaration de principes marque une étape essentielle dans le processus de rénovation.

Mais vous ? Lecteurs réguliers ou irréguliers de mon blog ? Que pensez-vous de cette déclaration de principes ? N’hésitez pas à faire part de votre sentiment en laissant un commentaire. En attendant, vous pouvez consulter la déclaration de principes en cliquant sur le Poing et la Rose, symbole du PS.

(1)    : Jean-William Dereymez est maître de conférences en science politique mais également professeur d’Histoire contemporaine à Sciences Po Grenoble. Il a, à ce titre, fait un cours d’histoire du socialisme en Europe et en France assez… comique on va dire ! Enfin, il faut le voir le croire ! (RIRES) Et dire qu’il est devenu directeur des études et donc numéro 2 de l’établissement !

par Gilles publié dans : La boîte à idées
ajouter un commentaire commentaires (3)    recommander
Lundi 7 avril 2008

Ségolène Royal, la présidente PS de la région Poitou-Charentes, s’est lancée dans la consultation militante en invitant les adhérents du premier parti d’opposition à prendre part à la rénovation de ce dernier en leur posant des questions assez précises, notamment sur le fonctionnement de notre formation. Pour voir une petite idée, voici les dix questions posées :

1. Il faut sortir du fossé entre un discours pseudo révolutionnaire dans l'opposition et un conformisme économique au pouvoir : de quelle façon ?

2. Le socialisme ne peut pas se contenter d'aménager le capitalisme financier à la marge : comment produire et répartir autrement la richesse ?

3. Que reprendre des modèles progressistes des autres pays et que rejeter ?

4. Il faut pousser l'agilité des entreprises, le goût du risque et l'esprit d'entreprendre, tout en améliorant la situation des salariés et leurs sécurités sociales. Avec quel compromis ?

5. Il faut rééquilibrer le rapport de force entre le travail et le capital par une meilleure répartition du profit. Quels contre-pouvoirs dans l'entreprise ?

6. Comment rompre avec la redistribution passive et bureaucratique comme principal moyen de s'attaquer aux injustices sociales ?

7. Comment améliorer le projet européen pour ne pas oublier les intérêts des peuples et des pays ?

8. Les peuples du Nord doivent être protégés de la concurrence internationale sans que les peuples du Sud ne soient victimes du protectionnisme. Avec quelles nouvelles règles ?

9. Les Etats et le marché doivent assurer la sauvegarde écologique de la planète : quel nouveau modèle de développement ?

10. Le Parti socialiste doit intégrer toutes les nouvelles formes de militantisme et d'engagement citoyen, ainsi que les réussites du travail des élus locaux. Il doit aussi décider efficacement, avec le sens de la discipline collective. Quelles nouvelles règles communes pour y parvenir sereinement ?

Dix questions qui méritent l’attention et qui, quoi qu’en disent certains, méritent d’être posées. En effet, certains internautes du Monde.fr ont dénoncé la méthode utilisée par l’ancienne candidate à la présidentielle, la qualifiant de démagogique et de stupide. Pour autant, je considère qu’elle ne manque pas de pertinence. Bien trop souvent, certains militants socialistes se plaignent de ne pas être assez consultés et écoutés au sein de notre formation par rapport aux Eléphants. Néanmoins, lorsqu’on leur donne l’opportunité de s’exprimer et de répondre aux questions posées, certains se braquent et s’interrogent. A titre personnel, je trouve cela très contradictoire d’autant plus qu’au bout du compte, les gens attendent qu’un potentiel leader viennent avec ses propres propositions et les valident comme on dirait « Amen ». Et cela est d’autant plus malhonnête à l’égard de Ségolène Royal à qui on reproche un temps de ne pas avoir d’idées, un autre, de ne pas connaître l’électorat qu’elle est censée défendre et dans un autre temps de consulter les Français (et les militants socialistes en particulier), preuve qu’elle n’a rien à proposer et qu’elle n’est seulement avide de pouvoir.

Sauf que force est de constater que l’actuelle présidente de la région Poitou-Charentes est bien sur le terrain actuellement. Certains diront qu’elle a profité de l’absence de ses « rivaux » à la tête de la direction du PS, bien trop occupés pour leur réélection municipale, pour s’exprimer et avancer ses pions. Pour autant, il me semble désormais clair que l’ancienne candidate à la présidentielle met au point une méthode de fonctionnement plus simple qui ne fera que renforcer la machine démocratique au sein de mon parti.

 Nos concitoyens sont un peu schizophrènes car ils conspuent celui ou celle qui décide de tout, tout seul mais considèrent comme démagogique, toute personne qui cherche à les associer dans la prise de décision. A cela, il faut y remédier surtout si on ose se plaindre de fonctionnements bien souvent obscurs à l’intérieur des partis politiques. A ceux qui considèrent que Ségolène Royal fait encore dans le marketing politique, je leur dirais que la rénovation ne peut plus se faire sans les 160 000 militants que compte le PS. C’est un fait, et nous devons en prendre compte. Qui plus est, cela ne suffit plus de dire qu’on est candidat à la succession de François Hollande encore faut-il présenter des orientations claires.

Aussi, attendons voir de ce que Ségolène Royal fera de ce questionnaire. Si cela peut effectivement servir au Congrès de novembre prochain, cela sera une bonne nouvelle pour notre parti qui doit absolument éviter un mal bien français : l’immobilisme et un processus à la SFIO.

par Gilles publié dans : La boîte à idées
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander

Présentation

Calendrier

Juillet 2008
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Recherche

cree son blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus