Vlaams Belang : "le plat pays" face à son destin
Dimanche 8 octobre, se sont organisés en Belgique des élections municipales générales. Principal constat : le maintien voire la progession de l'extrême droite, aussi bien en Wallonie qu'en Flandre.
Filip Dewinter, leader du Vlaams Belang
15,3% en Flandre, 8 à 10% dans les principales villes de Wallonie. A neuf mois des législatives, l'extrême droite est de plus en plus présent et semble tisser sa toile en attirant des populations désoeuvrées. Le cas le plus significatif est sans doute le Vlaams Belang avec sa tête, le flamand Filip Dewinter.
Ouvertement xénophobe, antifrancpohone et sécessioniste [en effet, le Vlaams Belong réclame l'indépendance de la Flandre], ce parti d'extrême droite ne cesse d'attirer des populations minées par la crise. La recette est même utilisée qu'en France : on stigmatise l'étranger, responsable de tous les maux. Une particularité : le rejet sans ambiguité du fédéralisme qui fait toute la raison d'être de la Belgique.
Je ne suis pas belge mais j'aime ce pays et je m'inquiète pour la suite. A travers les municipales, force est de remarquer que la Belgique peine toujours à se fédérer en un seul et indivisible Etat. Les disparités restent énormes et les antagonismes forts entre Flamands et Wallons. En effet, il faut rappeller que la Belgique est un jeune Etat crée de toute pièce après le Congrès de Vienne de 1815. Ce pays regroupe deux langues, deux cultures différentes. Aussi, le progrès du Vlaams Belang s'explique sur un régionalisme exacerbé où l'on considère que la sécession de la Flandre est la voie pour sortir de la crise. La Wallonie et Bruxelles sont en ligne de mire constante, la capitale étant de plus le siège des institutions européennes.
A mon sens, la progression du Vlaams Belang [en Flandre] et du Front national [en Wallonie] à valeur de défi pour la Belgique tant que son unité se retrouve menacée. De fait, la Belgique est, à mon sens, deux Etats en un et la présence de l'extrême droite est quelque peu l'épée de Damoclès menacant l'avenir du plat pays. Ce qui pose la question suivante : qu'est-ce qu'être belge et qu'est-ce que la Belgique aujourd'hui? Je n'ai pas la réponse évidemment mais il me semble essentiel que les Belges doivent répondre à cette interrogation tant qu'il en va de l'avenir de leur pays.
Aussi, le Vlaams Belang et le Front national sont de véritables bombes à retardement qu'il est tant de désarmorcer. Pour autant, le principal défaut de la Belgique est qu'il s'agit d'un pays jeune à la recherche d'une identité nationale contrairement à son voisin français qui s'est construit sur plusieurs siècles. Pour que "ce plat pays qui n'est pas le mien" ait un avenir, il doit se trouver une identité et réconcilier Wallons et Flamands. C'est à ce prix que l'extrême droite n'aura plus sa raison d'être.
Alain Jupée, au soir du premier tour de la municipale anticipée à Bordeaux
Jean Marie Le Pen, président du FN
Commentaires