Mardi 10 octobre 2006

Vlaams Belang : "le plat pays" face à son destin

Dimanche 8 octobre, se sont organisés en Belgique des élections municipales générales. Principal constat : le maintien voire la progession de l'extrême droite, aussi bien en Wallonie qu'en Flandre.

 Filip Dewinter, leader du Vlaams Belang

15,3% en Flandre, 8 à 10% dans les principales villes de Wallonie. A neuf mois des législatives, l'extrême droite est de plus en plus présent et semble tisser sa toile en attirant des populations désoeuvrées. Le cas le plus significatif est sans doute le Vlaams Belang avec sa tête, le flamand Filip Dewinter.

Ouvertement xénophobe, antifrancpohone et sécessioniste [en effet, le Vlaams Belong réclame l'indépendance de la Flandre], ce parti d'extrême droite ne cesse d'attirer des populations minées par la crise. La recette est même utilisée qu'en France : on stigmatise l'étranger, responsable de tous les maux. Une particularité : le rejet sans ambiguité du fédéralisme qui fait toute la raison d'être de la Belgique.

Je ne suis pas belge mais j'aime ce pays et je m'inquiète pour la suite. A travers les municipales, force est de remarquer que la Belgique peine toujours à se fédérer en un seul et indivisible Etat. Les disparités restent énormes et les antagonismes forts entre Flamands et Wallons. En effet, il faut rappeller que la Belgique est un jeune Etat crée de toute pièce après le Congrès de Vienne de 1815. Ce pays regroupe deux langues, deux cultures différentes. Aussi, le progrès du Vlaams Belang s'explique sur un régionalisme exacerbé où l'on considère que la sécession de la Flandre est la voie pour sortir de la crise. La Wallonie et Bruxelles sont en ligne de mire constante, la capitale étant de plus le siège des institutions européennes.

A mon sens, la progression du Vlaams Belang [en Flandre] et du Front national [en Wallonie] à valeur de défi pour la Belgique tant que son unité se retrouve menacée. De fait, la Belgique est, à mon sens, deux Etats en un et la présence de l'extrême droite est quelque peu l'épée de Damoclès menacant l'avenir du plat pays. Ce qui pose la question suivante : qu'est-ce qu'être belge et qu'est-ce que la Belgique aujourd'hui? Je n'ai pas la réponse évidemment mais il me semble essentiel que les Belges doivent répondre à cette interrogation tant qu'il en va de l'avenir de leur pays.

Aussi, le Vlaams Belang et le Front national sont de véritables bombes à retardement qu'il est tant de désarmorcer. Pour autant, le principal défaut de la Belgique est qu'il s'agit d'un pays jeune à la recherche d'une identité nationale contrairement à son voisin français qui s'est construit sur plusieurs siècles. Pour que "ce plat pays qui n'est pas le mien" ait un avenir, il doit se trouver une identité et réconcilier Wallons et Flamands. C'est à ce prix que l'extrême droite n'aura plus sa raison d'être.

par Gilles publié dans : "Après coup"
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Lundi 9 octobre 2006

Le prince a retrouvé son siège !

Après un an d'exil québécois, le prince a retrouvé son siège. Ce prince n'est autres que lui :

 Alain Jupée, au soir du premier tour de la municipale anticipée à Bordeaux

Hé oui, le "meilleur d'entre nous" est de retour ! Ayant mené à la liste UMP-UDF lors de municipales anticipées qu'il a provoqué suite à la démission de l'actuel maire de Bordeaux, Hugues Martin, l'ancien Premier ministre a recueilli 56% des suffrages dès le premier tour dimanche dernier.

Ce n'est pas une surprise tant que Bordeaux est une ville bien ancrée à droite. 56% des Bordelais qui ont voté ont donc redonné leur confiance à leur prince sans se soucier de son attitude quelque peu dérangeante.

En effet, je ne peux que pester sur le comportement de l'ex et futur édile de la capitale girondine qui revient comme une fleur du Québec en disant : "c'est bon, je suis de retour et je reprends ma place". Comme je l'ai dit dans mes précédents articles consacrés à Alain Juppé, ce n'est pas le fait qu'Alain Juppé se représente, c'est qu'il fait provoquer des élections anticipées alors qu'il aurait pu attendre les échéances prévues. Si Juppé voulait laver l'affront du jugement de Nanterre (en 2004), l'ancien Premier ministre aurait pu agir autrement. Là, il n'a agi qu'avec mépris savant à l'avance que la victoire était assurée.

Si, Monsieur Juppé a selon le tribunal de Nanterre en 2004 "trahi la confiance des Français", Bordeaux n'était qu'une première étape pour sortir du purgatoire politique dans lequel il se trouve. Au risque d'être mauvaise langue, rappelons tout de même, qu'Alain Juppé n'a été élu que par 44,82% des suffrages exprimés. Autrement dit, son élection reste marqué par une forte abstention : pas sûr que cela suffise pour retrouver la confiance du peuple français.

Le prince a retrouvé son fauteuil - que dis-je : son trône ! - reste désormais l'heure des défis. Il n'est sans nul doute que le futur maire de Bordeaux se retrouve en position pour récupérer son fauteuil de député lors de la prochaine législative prévu en juin 2007. Mais dans le cadre de l'UMP, il a une carte à jouer quelle qu'en soit l'issue des prochaines élections. En effet, le positionnement d'Alain Jupée et son retour progressif sur la scène politique nationale n'est pas forcément une mauvaise nouvelle pour les sarkozytes mais en même temps loin d'en être une bonne également. Le "meilleur d'entre nous" est de retour, cela ne pouvait que tomber à pic pour Jacques Chirac, père spirituel de Juppé. Reste à savoir, si ce dernier aura été changé par son exil québécois et cette victoire... on verra bien tant qu'à mon sens, l'ancien Premier ministre et président de l'UMP entre 2002 et 2004 reste empreinte d'un mépris naturel envers autri. Quand je pense à Sarkozy et à sa rupture, le voici qu'il doit encore composer avec des revenants ! (LOL)

 

Note sur "Le meilleur d'entre nous"

Vous l'avez remarqué, j'utilise à plusieurs reprises cette citation. Alors, autant vous expliquer le contexte ! En septembre 1993, lors d'assises du RPR à Strasbourg, le président du RPR avait qualifié sur la tribune, Alain Juppé (à l'époque ministre des Affaires étrangères du gouvermement de cohabition d'Edouard Balladur) "de meilleur d'entre nous" par rapport aux autres personnalités et cadres de l'UMP. Il faut dire qu'Alain Jupée a tout réussi : Sciences Po Paris, l'ENA [il en sort major de sa promotion], Normale Sup, etc. Bien évidemment, je ne peste pas sur le fait qu'il ait effectué un parcours brillant mais le personnage est quelque peu hautain dans ses discours et prises de positions. Ceux qui ont mené les grandes grèves de novembre 1995 s'en souviennent encore (lorsque Jupée était à Matignon) !

Ah, j'allais oublier : le président du RPR en 1993 n'était autre qu'un certain... Jacques Chirac!

 

 

 

 

 

 

 

 

par Gilles publié dans : "Après coup"
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Vendredi 8 septembre 2006

Cette rubrique - comme son nom l'indique - est principalement consacrée à plusieurs sujets politiques ou internationaux que je n'ai pu traiter au moment de leur évocation mais qui me tiennent à coeur de commenter tant qu'ils gardent un certain intérêt.

Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture!

                                                                                                                    Gilles

 

Le Pen prêt à pardonner Brutus !

 Jean Marie Le Pen, président du FN

Vendredi 1er septembre au CROUS de Paris. En pleine paperasse administrative avant le départ pour Grenoble. Une file d'attente immense a raison de ma patience et je ne peux que serrer les dents en lisant Libération. Rubrique "Politiques". Tiens! On parle alors de l'extrême-droite.

Le leader du Front national, Jean Marie Le Pen, dans la perspective de 2007 pourrait se rapprocher du numéro 1 du Mouvement National Républicain, un certain... Bruno Mégret, ancien numéro 2 du FN.

L'heure est au Grand pardon au sein de l'extrême-droite anti-républicaine, Jean Marie Le Pen estimant qu'il est à absourdre son ancien héritier "si c'est le prix à payer pour sauver la France"  déclare-t-il. On efface tout et on recommence! On oublie la scission de 1998 et les noms d'oiseaux que se sont lancés Le Pen et Mégret. A cette époque et à l'issue d'élections régionales décevantes, l'ancien numéro 2 critique d'une façon viriluente la direction du FN menée par le patriache Le Pen. Ces propos provoquent alors une fronde au sein du parti d'extrême droite menant inévitablement à la scission, Le Pen déclarant au passage : "Je ne recevrais pas la mort du petit Brutus [Bruno Mégret, ndlr]. Moi je sors mon épée et je tue Brutus avant qu'il ne me tue.»  De son côté, "Brutus Mégritus" compare Le Pen à "Naboléon" et s'en va créer un nouveau parti.

Ce rapprochement ne fait pas l'unaminité au sein du parti frontiste. En effet, certains s'interrogent sur l'opportunité d'un tel lien d'autant plus que politiquement parlant, le MNR est un mouvement à l'échelle groupusculaire. De fait, le patron du FN voit dans le MNR un vivier à suffrages majeur. Contrairement à 2002, Le Pen est, dans le domaine de l'intolérance et du rejet d'autrui, en concurrence directe avec le président du Mouvement Pour la France, Philippe de Villiers sans compter que face à la politique musculée en matière de sécurité et d'immigration menée par le ministre de l'Intérieur, l'homme de 78 ans tente d'exister et faire entendre sa spécificité. Aussi, Le Pen se veut comme un recours mais aussi un rassembleur en espérant mettre sous sa bannière tout ceux qui se sentent proches de ses idées.

Cela va sans dire que le capitaine du "Paquebot" [siège du FN à Saint-Cloud (92)] joue stratégique. Pour autant et avec du recul, je ne peux m'empêcher d'évoquer la question suivante : info ou intox? Autrement dit, Le Pen cherche-t-il à se rapprocher avec son (ex - ) pire ennemi car il est en perte de vitesse - il aurait du mal à réunir les 500 parrainages nécessaires, dit-on - ou parce que c'est un moyen de parler de lui et de se montrer comme un recours à l'extrême droite de l'échiquier politique à l'attention du "vicomte" de Villiers? Il en va sans dire qu'à huit mois une échéance capitale, l'extrême droite commence à abattre ses cartes et profile peu à peu sa stratégie. Aussi, il faut avoir l'oeil, et le bon face aux petits arrangements entre frères ennemis de l'extrême-droite anti-républicaine.

par Gilles publié dans : "Après coup"
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